IUF 2026

Du 02/06/2026 au 04/06/2026

Université de Lyon - 92 rue Pasteur, 69007 Lyon


Conférenciers invités

Grégoire Borst

Titre de l’intervention :
Résister pour penser par et contre nous même

Grégoire Borst est professeur de psychologie et de neurosciences de l’enfant et de l’adolescent à l'Université Paris Cité et Directeur du Laboratoire de Psychologie du Développement et de l’Éducation de l’enfant (CNRS). Ses recherches s’intéressent aux rôles des mécanismes neuropsychologiques de haut niveau (métacognition, résistance aux automatismes, régulation émotionnelle) sur le développement cognitif et dans les apprentissages scolaires de l’enfant et de l’adolescent. Auteur de plus de 100 articles scientifiques, il est également auteur de différents ouvrages de pédagogie (Enseigner aux élèves comment apprendre) et d’ouvrages grand public (C’est pas moi c’est mon cerveau, Faut il interdire les réseaux sociaux aux adolescents ?). Grégoire Borst est membre senior de l'Institut Universitaire de France (IUF), membre du Conseil International de la Science (ISC), membre du comité d'experts jeune public auprès de l'ARCOM, et dirige le Réseau Thématique Pluridisciplinaire "Recherche autour des questions d'éducation" au CNRS et le PPR « Sciences pour l’Education ». Il a été membre de la commission « les enfants et les écrans » mise en place par le Président de la république en 2024. Il a reçu en 2021 le Prix Dagnan-Bouveret de l'Académie des Sciences Morales et Politiques (Institut de France) pour son programme de recherche sur la psychologie cognitive et de l’éducation contemporaine.


Raphael Ceccaldi

Titre de l’intervention :
Du gène au médicament : décrypter les mécanismes moléculaires de la réparation de l’ADN pour concevoir des thérapies innovantes capables de vaincre la chimiorésistance des cancers du sein et de l’ovaire

Raphael Ceccaldi (Docteur en pharmacie, Docteur en Sciences (PhD), Directeur de Recherche (DR2) INSERM U1339) est chef d'équipe en oncologie à l'Institut Curie et auteur de plusieurs publications majeures, en tant que premier ou dernier auteur dans des revues prestigieuses. Son expertise des tumeurs présentant un déficit de recombinaison homologue a conduit à plus de 10 brevets et au développement novateur du premier inhibiteur de Polθ, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives en thérapie ciblée du cancer. Son laboratoire a bénéficié de plusieurs financements internationaux, dont la bourse de démarrage ERC ("Starting grant") et la bourse ERC "Proof of Concept". En 2024, il est lauréat du Prix de Cancérologie de la fondation Del Luca, puis en novembre 2025, il est récompensé par le programme Impulscience de la Fondation Bettencourt Schueller. Sa vision et son leadership scientifique ont inspiré la création d'Unguard Therapeutics, société dédiée à la transformation de ses innovations de rupture en solutions concrètes pour les patients et à l'avènement d'une nouvelle ère dans la lutte contre le cancer.


Hélène Courtois

Titre de l’intervention :
Entre expansion et gravitation, la résistance qui permet aux structures de l’Univers d’émerger : Un voyage dans Laniakea et plus encore

Hélène Courtois est spécialiste de la cosmographie, connue notamment pour sa découverte de Laniakea –notre superamas de galaxies–, et pour ses cartes dynamiques de l’univers.
Elle est Professeure d’Université et a été durant 9 ans Vice-présidente de l’université Claude Bernard Lyon-1. Hélène conduit ses recherches à l'Institut de Physique des 2 Infinis à Lyon. Elle est très engagée dans la diffusion des connaissances auprès des étudiants et du grand public. Elle a reçu de nombreux prix et a été nommée 3 fois Chevalier : pour la Légion d’Honneur, les Palmes Académiques et les Arts et des Lettres. Elle a été nommée trois fois consécutives en chair senior de l’IUF de 2015 à 2030.


Laurent Douzou

Titre de l’intervention :
Lyon, capitale de la Résistance française?

Laurent Douzou est professeur émérite des universités à Sciences Po Lyon et à l’Université Lumière Lyon 2, membre honoraire de la Maison Française d’Oxford (2010-2012), membre senior honoraire de l’Institut Universitaire de France (2012-2017), spécialiste de l’histoire et de la mémoire de la période de l’Occupation en France.
Laurent Douzou a notamment publié La Résistance française : une histoire périlleuse (Seuil, 2005), Lucie Aubrac (Perrin, 2009), La lutte clandestine en France (en collaboration avec Sébastien Albertelli et Julien Blanc, Seuil, 2019), Le moment Daniel Cordier. Comment écrire l’histoire de la Résistance (CNRS Éditions, 2021) et Découvrir le programme du CNR (Éditions sociales, 2022).


Daniel Estève

Titre de l’intervention :
Un circuit électrique quantique peut-il résister à la décohérence?

Daniel Estève est directeur de recherche émérite au CEA. Après une thèse dans le laboratoire d’Anatole Abragam développant des méthodes RMN pour caractériser les verres orientationnels obtenus dans des solides moléculaires désordonnés, il fonde avec Michel Devoret et Cristian Urbina le groupe Quantronique dans le Service de Physique de l’Etat Condensé du CEA au milieu des années 1980. Les recherches de ce groupe portent sur la physique des circuits électriques quantiques, et plus largement la physique mésoscopique.
Les travaux dans le domaine des circuits quantiques ont d’abord porté sur l'effet tunnel quantique macroscopique d'une jonction Josephson qui valut le prix Nobel 2025 à John Clarke, Michel Devoret et John Martinis. Par ailleurs, l’équipe a réalisé des dispositifs d’électronique à un électron, dont la pompe à électrons dans lesquels les électrons sont transférés un par un de manière contrôlée. Quelques résultats : l’explication du blocage dynamique de Coulomb de l'effet tunnel qui a été le premier exemple de traitement quantique complet d'un circuit électrique non trivial ; la relaxation de l’énergie des électrons dans les circuits mésoscopiques ; la supraconductivité de proximité dans les nanostructures, jusqu’à celles de taille atomique. Avec le circuit de la boîte à paires de Cooper, l’équipe Quantronique a mis en œuvre un circuit électrique quantique très simple dont la variante Quantronium fournit le premier bit quantique électrique avec une bonne cohérence quantique. Un processeur quantique élémentaire mais capable d’effectuer un véritable algorithme quantique fut ensuite réalisé au début des années 2010. La thématique des structures hybrides couplant des circuits supraconducteurs quantiques à des spins électroniques est maintenant une des grandes thématiques du groupe, menée par Patrice Bertet. La démonstration récente de la résonance magnétique sur un spin unique en est un beau résultat. En parallèle, Daniel Estève a contribué au développement de l’optique quantique dans le domaine des micro-ondes.
Daniel Estève a aussi contribué à la création de l'ERC dont il a ensuite été vice-président du conseil scientifique de 2007 à 2012. Il a eu des responsabilités éditoriales pour plusieurs journaux de l’American Physical Society, et est actuellement éditeur des CR de Physique de l’Académie des sciences dont il est membre.


Cyril Labbé

Titre de l’intervention :
Résister au flot de publications scientifiques dénuées de sens

Cyril Labbé est titulaire d'une thèse en informatique (1999), Professeur à l'université de Grenoble-Alpes, il est responsable de l'équipe de recherche SIGMA (système d'information) au Laboratoire d'Informatique de Grenoble (LIG). Il est co-porteur du projet ERC Synergy NanoBubbles qui s'intéresse à identifier les freins au processus d'auto-correction en sciences. Ses travaux sur la fouille de textes et la détection automatique des faux articles scientifiques ont conduit à la rétractation de nombreuses publications informatiques et biomédicales. Il a créé les logiciels "scigen detection" et "seek&blastn", a participé au site "Problematic Paper Screener", à la découverte des "expressions torturées" (tortured phrases) et des "références furtives" (sneaked references). Il a créé Ike Antkare, un scientifique fictif, qui a eu un temps (dixit Google Scholar) un h-index extraordinaire.
Il est nommé "chevalier de l'ordre des palmes académiques" (janvier 2015 pour ses travaux sur la détection d'articles générés).


Sandra Lavorel

Titre de l’intervention :
Conserver et gérer les écosystèmes et leur biodiversité pour soutenir l’adaptation des territoires au changement climatique

Directrice de recherche au CNRS, Sandra Lavorel est une figure majeure de l’écologie scientifique. Membre de l’Académie des Sciences et de la National Academy of Sciences (États-Unis), elle travaille au Laboratoire d’Écologie Alpine à Grenoble. Pionnière de l’approche par les traits fonctionnels des plantes, ses recherches portent sur les effets du changement climatique et des usages des sols sur la biodiversité, le fonctionnement des écosystèmes et les services qu’ils rendent à la société.
Après une thèse à Montpellier et un postdoctorat en Australie, elle a publié des concepts et méthodes fondateurs de l’écologie fonctionnelle et co-fondé des réseaux internationaux majeurs de cette discipline. Elle applique ces approches à la quantification des services écosystémiques et à l’adaptation au changement climatique. Avec ses travaux interdisciplinaires et transdisciplinaires, elle figure parmi les leaders mondiaux de l’analyse des trajectoires d’adaptation fondée sur la nature.
Très impliquée dans le dialogue science-politique, elle a contribué aux évaluations internationales (IPBES, GIEC) et nationales (Evaluation Française des Ecosystème et des Services Ecosystémiques). Elle est lauréate de nombreuses distinctions, dont la médaille d’or du CNRS (2023), le Prix Frontiers of Knowledge de la Fondation BBVA (2021) et le Grand Prix de la Société Française d’Ecologie et d’Evolution (2021).